
Quelle que soit ma bonne volonté,
Il est des secrets que je ne peux dévoiler.
La peur est une cruelle souveraine.
Elle tourmente et brise dans la peine,
Comme une froide et muette pénombre,
Qui ne reflète plus que des ombres.
L'interphone sonne, je ne suis plus vive !
Le voilà, il est plus fort que moi, il arrive
L'oeil fixe, cherchant le mal-être
Qu'en public il ne laisse paraître.
Avec une cruelle vérité maléfique,
Il me toise, impassible et cynique..
Son reproche, je l'attends et le crains
Il m'en fait si souvent un refrain.
Pour qu'il ne s'énerve pas, je mens.
Je sais qu'il sait devant mes tremblements,
Il le voit, pire il s'en réjouit.
Quand ma peur s'estompe dans une nuit,
Je pleure en silence des larmes séchées,
Sur ma honte et ma lâcheté.
Ma terreur composée lentement,
S'est imposée par tous ses tourments.
De menaces en insultes répétées,
Il m'a fait proie de ses alcools tourmentés.
Objet désenchanté de sa luxure,
Je suis devenue demi mesure..
Enfermée dans sa cage étriquée,
A ses jeux angoissants, je suis obligée.
Disputes et cris échangés
Couvrent le bruit de ce qui est claqué.
Sa violence est un mortel écrin,
J'ai peur que mes jours soient fin.
Ses mille certitudes me font impuissante,
Quand aux yeux d'autrui, il me fait méchante.
Comment imposer mon non ?
Définitivement lui faire affront,
Pour oublier les peurs inattendues,
Quand il surgit de l'inconnu.
Mourir de chaque quotidien,
Ne fera pas mes lendemains.
La peur est une dictature
Qui ne ne laisse que brûlures.
Alors tremblante dans mon lit, le soir
Sans personne à mes côtés dans le noir,
Je décide chaque fois de tout dire,
Pour faire de ma vie, un avenir.
Seve62